musique


tant que nous ne sommes pas mort ... nous sommes vivant!


Si cette phrase peut prêter à rire en tant que ”brief” donné à un compositeur, je peux vous assurer que cela m’a valu quelques nuits blanches ... Cette idée illustre cependant bien l’enjeu de ce spectacle ainsi que l’univers de Victoria (marionnette).


La mise en musique de ce spectacle a été pour moi un défi particuliers et une aventure artistique unique que je dois encore une fois à mon cher ami Giacomo Ravicchio.


Le choix de départ fût de limiter la narration et la dramaturgie dans un étroit ”couloir d’expression” qui s’est révélé devenir de plus en plus limitatif et exigent.


En effet, s’agissant d’une dame de 100 ans (ou presque), le risque de tomber dans un ”pathos indigeste” ou dans une ”carte postale du troisième âge” était réél. Plus la production avançait, plus ”les choix artistiques” et les dangers devenaient sévères. Malgré le fait qu’il y ait deux acteurs sur scène plus une marrionette, il s’agissait pourtant d’un seul et même personnage à qui donner vie, émotions et histoire durant plus de 45 minutes.



rendre vivant un objet inerte avec la musique...


En cela la marrionnette est, comme le ”Clown”, un ”outil” extrêment difficile à manier, fragile et puissant.

Victoria lorsqu’elle est posée sur une chaise est inanimée, sans vie. La musique participe activement à rendre ”vivant et pensant” cet objet fait de tissu et de gomme.

La musique devient aussi l’expression de son âme, de ses pensées et de ses rêves. Rendre vivant un objet à la base inerte, c’est réellement une expérience aussi difficile que magique! pour un compositeur



technique


En arrière plan de plusieurs de mes musiques j’ai passé du temps à créer une collection de sons à l’aide de la synthèse granulaire.


Ces nappes synthétiques font évoluer de manière alléatoires de multiples couches sonores et créent ainsi des accidents de sons (harmoniques, cliquetis, accords, clusters, timbres, fréquences, etc.). Ce substrat sur lequel repose les orchestrations ”classiques” est constament en mouvement et n’obéis ni au rythme ni au tempo et relativement peu à l’harmonie. Comme un chaudron sonore plein de vie et qui s’agietrait à l’arrière plan, ce principe garde une tension continue même si le thème en premier plan inspire la paix ou le calme. C’est la vie intérieur du personnage qui s’évapore ainsi, comme un parfum et derrière sa musique.

 

GENESIS”, ”ANIMA” et ”ALL THE TIME IN THE WORLD” forment une trilogie initiée par l’auteur et metteur en scène Giacomo Ravicchio et réalisée avec le Meridiano Theater et son équipe.


Ces trois spectacles présentent différents aspects de l’existence, depuis la création de la vie ”Genesis”, le questionnement sur la mort ”Anima” et enfin, le contenu, la qualité de l’instant présent ”All the time in the world”.


Avec la signature théâtrale (aussi bien textuelle, sonore que visuelle) si particulière à l’auteur Giacomo Ravicchio, mise en musique par le compositeur Jérôme Baur et interprétée avec le talent des acteurs du Meridiano Theater, ce sont des concepts philosophiques parfois complexes mais toujours universels qui sont traités, traduits et accessibles pour tous les âges.


ALL THE TIME IN THE WORLD conclu donc ce périple en célébrant la vie au travers du quotidien d’une femme âgée de 99 ans et s’aprête à fêter ses 100 ans le lendemain.


L’émotion est le maître mot qui se dégage de ces trois spectacles. Animant à la fois notre questionnement sur la condition d’être humain et remplissant nos yeux, nos oreilles et nos coeurs d’instants rares et précieux, c’est un véritable voyage qui se tisse, à la fois doux et merveilleux.

dernier volet de la Trilogie - last part of the trilogy

soundtrack composed by Jerome Baur

cast


Writed and Directed by Giacomo Ravicchio

Music composed & performed by Jerome Baur

Sound design by Jerome Baur


Produced and performed by the Merdiano Theater

Cast. Elise Müller, Lars Begtrup and Victoria (the puppet)

Set design, light design and video : Giacomo Ravicchio


Administration : Poul Pedersen

Technical & Lights engeener: Jeppe Volkmann

Scenography constructor: Steen Molls Rasmussen

Puppets maker: Poul Arne Kring

Costumes: Helene Thygesen

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100 ans ...


Lorsque nous parlons d’une personne âgée de 100 ans, un reflexe naturel veut que nous nous penchions plus sur son passé que sur son avenir.


Pourtant, la musique tente de défendre ici un espoir sous-jacent et continu, une idée du lendemain et le parfum de l’optimisme. J’ai voulu colorer et le ponctuer cette base de légères dissonances, laissant toujours planer le doute et une tension. Cela, pour ne pas sombrer dans un ”positivisme mièvre” et afin de tenir en alerte le spectateur. En cela, la mélodie (main theme) tient un rôle important, au délà du climat ou de l’orchestration choisie et revient sous diverses formes et déclinaisons.



Victoria traverse un siècle et ses musiques ...


Malgré la diversité de styles et les richesses musicales du patrimoine musical du XXe siècle et dont je pouvais m’inspirer, je voulais que la musique de Victoria n’appartienne à aucune époque ou style particulier, l’idée étant de rendre Victoria et son histoire les plus ”intenporels” possible.



nouvelle expérience


Ce fût de nouveau une belle aventure artistique et humaine que j’ai pu vivre aux cotés de mon cher ami Giacomo Ravicchio et également, avec l’incroyable comédienne Elise Muller, le comédien Lars Begtrup et bien-sûr toute l’équipe du Meridiano Theater. Face à ce spectacle si difficile à dompter, j’ai pris autant de plaisir que de risques dans la composition de sa bande originale qui je pense, enmènera le public dans un doux et beau voyage.


jerome baur

Copenhague le 28.01.2012

© jerome baur / sacem - suisa - sacd

PLAY: extrait ALL THE TIME IN THE WORLD